Cette chanson que j’aime tant, une des dix que je voudrais entendre toujours, garder comme on respire et la pâte, sous ma main ferme, qui répondait. Le chat quand il s’étire et griffe l’air tendu sous ses pattes, n’est pas plus heureux. Les pensées chantonnaient elles aussi : pétrir, le tourbillon, la vie, la ronde, Jules, le ressac, tout revient, Jim, tu reviens,

Tous broyés, tous pétris qui est le boulanger ? est-ce que de temps en temps, ça s’arrête ? Oui, quand tu me dis que tu m’aimes. Les horloges cessent de pleuvoir. Et mes mains qui prennent la pâte et la roulent et la palpent et la caressent et l’étreignent, la repoussent,

Rythme grisant, une valse sûrement, si je savais la danser. Ma mère me parlait de la valse, je n’ai jamais su, compter puis oublier de compter. Le bal dure toute la vie, le bal dure une nuit. Le temps de faire une brioche. Pas plus, la musique et tes bras,

La chanson allait finir. Les songes, en notes bruinées de couleurs, couraient avec la voix de Jeanne, sous ma peau, jusque dans mon bras, jusque dans la paume de ma main couverte des arômes de la pâte, jusque dans la pâte couverte des parfums de ma paume.

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Ecrit et illustré le 8 février 2007 pour dedicacessen