Juste une grande joie à partager, mode "journal très peu intime" ! Depuis le temps ! chester

iconequiestenligneAlice au Pays des Merveilles.... Elle n'est pas dans ma bannière par hasard, la petite Alice Liddell qui inspira le révérend Dodgson... Alice a fait de moi une lectrice, elle est une de mes pierres de fondation. Je ne suis pas bibliophile mais elle a un long rayon pour elle toute seule dans ma bibliothèque. Même qu'elle en déborde, en BD, en Anglais, en Flamand, en Italien, vieilles Alices toutes jaunes, Alices à peine nées qui sentent encore l'encre et le vernis. Si elle sortait de son livre elle se retrouverait... dans son livre ! Deux Alices dans les pages et puis dix et puis cinquante devant la Cour des cartes à jouer ; ce serait la fête de la Reine de Coeur, tiens ! Elle ferait moins sa fière, la rombière ! Je l'aime depuis maintenant plus de 35 ans, l'enfant éternelle. Alors vous comprendrez que je sois un peu agacée qu'elle soit tout à coup tellement à la mode, revendiquée par tous comme le dernier acciconeentrezessoire trop tendance. Je fulmine qu'on veuille absolument, qui plus est, la rendre macabre, un peu sordide, parfaitement commerciale, adolescente plutôt que petite fille, qu'on fasse du sang de son jus de framboises, qu'on la récupère en sombre icône délétère, qu'on la psychédélise à outrance ou, pas mieux, qu'on en fasse une mièvre bêtasse. Indochine, Manson, les fournisseurs d'Internet, les restaurateurs, on ne peut plus rouler sans voir des jardins d'Alice en plastique le long des routes, mirobolantes gargotes, échoppes approximatives.

iconearchivesAlice cours ! cours ! Ils te veulent vicelarde, racoleuse, sois rapide et pure comme l'éclair, cours. Parce que, petite, j'en ai ras le bol de thé que tu te fasses récupérer, tu es trop gentille. On était pourtant bien peinardes, rien que les deux ou presque, des décennies durant, sans tout ce flonflon. On acceptait volontiers, en se marrant, même, que les gens te pensent blondinette à cheveux ondulés sur robe bleutée, alors que tu étais mendigote sous l'oeil de Lewis, derrière tes yeux sombres, sous tes cheveux châtains tout droits. De temps en temps on croisait le chemin de gens qui semblaient t'aimer sincèrement... tu te souviens de Gourio ? Mais si !!! Allez, viens... je vais te rafraîchir la mémoire, on change de sujet, d'aiguillage, on repassera bien par là mais tout de suite, on va boire le thé chez lui :

iconechut[Gourio Jean-Marie : ce type est un amoureux des mots, mieux : des livres. Il a écrit un poignant "Alice dans les livres", c'est de la poésie comme j'aimerais savoir, c'est un roman que j'aimerais contenir par (battements de) coeur sur les lèvres pour le souffler à ceux qui ont faim. Si on devait donner des permis d'Alice, Gourio serait permis d'or ou de nougatine c'est mieux, permis de tout, il fait mourir Alice pour qu'aucun enfant ne meure, il sait notre éternité de lecteur dans les pages, planquée. Ce roman est  triste et lancinant et joyeux, espérant. L'histoire ? Samuel accompagne les derniers instant de sa petite Alice au pays des souffrances, tandis qu'Alice au pays des merveilles voyage à travers les livres pour venir chercher sa petite soeur, arrêter la chute dans le puits sans fond. C'est un trésor pour qui aime l'histoire d'Alice. Et la poésie des arbres, des fleurs jaunes du bord de l'eau, des veilleuses sur les tables de nuit, des rois en chariot, des infirmières en sabots, des silences de couleurs, des nuages à l'envers, des parkings surveillées par des hêtres manchots.]

iconejsaipaquoifairetimburtonTu vois que je sais te prêter. Mais pas à n'importe qui ! Non, décidément pas à n'importe qui. Mais lui !!! Lui je rêvais que tu le rencontres, qu'il te prenne par la main ! Qui donc ? Mais enfin, Alice, sois un peu attentive veux-tu ! Essaie de suivre ! On parle de Tim Burton depuis le début ou presque. Jean-Marie qui ? Gourio quoi ? Je te cause de Burton ! Pas Richard, non ! Tu es décidément bien dissipée. Je suis si contente qu'il m'ait entendue. Je m'apprêtais à lui écrire, vois-tu, parce que je le trouvais un peu en retard sur la route qui mène à toi.  Chaque fois que je sortais du cinéma, ou que s'arrêtait un DVD, chaque fois que je quittais Tim,  je me disais et serinais à ma fille : "Dediou de bois ! Il va comprendre quand qu'il est fait pour Alice ?" et voilà qu'il a compris, le ciel s'ouvre, les anges chantent,  j'ai une merveille en promesse pour 2010. On m'a dit ça hier, et la maison a résonné de "oh j'suis contente" à deux voix avec la fille, pendant environ une heure. Et ça m'a reprise ce matin. "Oh j'suis contente !". larmes aux yeux. Un film d'animation à ton nom, fait par lui, avec Johnny Depp en modèle du... chapelier fou !!!! Je ronronne, je jubile, je m'exclame, je suis bien aise, je m'enroule, je m'étire. ENFIN ! Tu es en de bonnes mains, fillette ! Papa Burton va te faire belle ! Tu auras le genou écorché, le regard droit et beaucoup d'insolence, j'en suis sûre. IL ME TARDE !

chester...Et j'pouvais vraiment pas le garder pour moi !