songe2

Il y a des soirs à l'écran qui s'amollissent, des images rouges sur la rétine collées, entre fatigue et ennui, l'oeil est occupé dans l'escalier. Bip bip bip... quand la ligne sera plate mon coeur se sera arrêté de battre, m'en rendrai-je compte ? à rebours, dans le froid du caveau, parlerai-je aux autres esprits endormis sous la terre, entendrai-je ce que fut leur vie ? Vilaine manie, mes doigts courent au clavier, appellent d'autres peaux, manque de... Vous auriez frappé ce soir, à ma porte de bois épais, j'aurais entendu je crois, et ouvert sans doute. Ce n'est pas permis d'être aussi crédule, crépuscule, clavicule et campanule ce n'est pas permis. De chasses gardées en pêche à la ligne idéale, j'ai perdu beaucoup de temps aux ornières du chemin désormais enterré. Dans la boue, mon temps enfui, écrasé piétiné, en morceaux à carreaux, tel un mouchoir tombé de ma poche avec toutes ces choses qu'il ne fallait pourtant pas oublier. A quoi sert de pleurer, dans les larmes irisées les visages qu'il aurait fallu user à les embrasser, lécher, peindre, dans les larmes écrasées en flaques, des soleils retournés, des envers de regrets, toi mon amour... mon amour mon amour mon amour... ta tête lourde sous mon sein rêvée, mon amour mon amour mon amour... deux mots en deux voix qui ne s'entendent pas, quelle importance, tout est pour le velours... mon... tendre les lèvres... A... les ouvrir à ta langue... mour... l'embrasement commence et finit et recommence et jamais ne s'achève, en rond d'alliance notre baiser que nul ne donne ni ne reprend... mon amour mon amour mon amour... je me réveille, accroche à mes cils le songe qui porte ton nom. Encore un instant.