mardi 12 mai

[Entends-tu ?]..........

Je suis morte. Tu ne le sais pas, tu te lèves et je suis morte. Loin de mon corps, tu étires le tien, il ne reste plus rien de ma caresse sur ta peau. Mon amoureux de l'autre bout du monde, de l'autre bout du temps, je suis morte. Je veux te dire au revoir mais je n'ai plus de langue, je n'ai plus de mains. Je suis un souffle, j'entre par la fenêtre de ta chambre, je pleure et tu ne le vois pas, je pleure comme on chante, comme on crie, je crie peut-être, je ris aussi de la joie de te revoir. Le vent dans les arbres ne fait pas... [Lire la suite]
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jeudi 29 janvier

[Derrière le bruit]..........

      Bien sûr il y a tout ce bruit. Celui que font les voitures dehors, les cris des enfants dans les cours d'école vers quatre heures, il y a les trains et les avions qui déchirent les paysages, les chats qui se battent, les dents qui grincent, bien sûr, il y a la machine à laver et la télévision, bien sûr. Il y a la musique des hommes, leurs appels et leurs armes, les clefs dans les serrures, les poèmes, la grêle et les déclarations de guerre ou d'amour, les presses, les mouleuses, les informations, les jeux,... [Lire la suite]
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jeudi 04 septembre

[Dérisoire]..........

Le blanc, je le déchire quand je veuxquand je veux je te dis, regarde !Je le découpe, je le couvre, je le balafrele blanc ne me fait pas peurEcouteles mouches d'encre se posent sur la glace de papier et y patinentarabesques,envahissent, glissentle murmure des lames, entends !et leur stridence quand elles crissent pour m'arrêterMais rien n'y feraLe blanc je le mords et l'avale, je suis le noir qui gagne et luit plus forttumultueux, dérangé, trop rapide,un train d'obscurité sur l'aube morneun fleuve d'ébène en crue... [Lire la suite]
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mercredi 13 août

[L'écho des pierres]..........

Tu me demandes ce qu'il peut bien y avoir dans les montagnes. Je réfléchis. Tu me dis : "il y a bien des tunnels mais il y fait toujours tout noir, alors, on voit très mal." Forcément. J'imagine. Déjà la langue sur le dedans des montagnes, râpée à la pierre humide, froide et rude. Sens-tu ce goût du cœur de la montagne, qui ressemblerait un peu à celui de la neige et aussi à celui des murs de béton juste après une averse d'été ? Un goût plat comme un galet à ricochets, aiguisé comme un rasoir. Un goût comme un déraillement... [Lire la suite]
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lundi 07 juillet

[Lueurs]..........

Un oiseau sur la branche mot sur la pagenoirapaise la lumière et dehors sur la colline cent mille réverbères battent jaune pleureur et dedans en ma poitrineun seul phare baratte l’épaisse noirceur ta peau sur la terre promenade au départbleueenflamme les ombres
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mercredi 25 juin

[A l'orée du bois noir]..........

Maman, Je pars. Un insecte sombre entre ma peau et ma chair, tisse une toile hérissée de fils électriques ; C'est le loup qui s'est logé à mon envers, un grillon tatoué, infernale sirène. Maman, laisse-moi maintenant au vacarme du vent hisser mon grand voile rouge d'enfant échappée. Il fallait bien que ça arrive. La maison est trop petite, je touche le toit, j'y cogne ma tête. Il faut que je me mette en route et entre dans la sombre forêt. J'ai à porter un fardeau, des cendres comme du plomb, je cheminerai. Tu me l'as appris :... [Lire la suite]
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mercredi 25 juin

[ Amour cochon ]..........

Mon amour sur les bras est lourd. Mon amour sur les bras est ficelé. Il pèse des tonnes. Mon amour pleure sans larmes entre ses bourrelets. Il ressemble à un rejeton de duchesse qui se transformerait en cochon. Qui d'entre mes bras comme un enfant battu s'enfuirait, courant sans trop de hâte vers le bois. "en grandissant, se dit Annie, ce fût devenu un amour terriblement laid ; mais cela fait, je le trouve assez joli cochon". Oh tout mon amour, mon amour mon amour rose ce loukoum mort, tient froid à mes genoux immobilisés.... [Lire la suite]
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