04 septembre 2008
[Dérisoire]..........
Le blanc,
je le déchire quand je veux
quand je veux je te dis, regarde !
Je le découpe, je le couvre, je le balafre
le blanc ne me fait pas peur
Ecoute
les mouches d'encre se posent sur la glace de papier et y patinent
arabesques,
envahissent, glissent
le murmure des lames, entends !
et leur stridence quand elles crissent pour m'arrêter
Mais rien n'y fera
Le blanc je le mords et l'avale, je suis le noir qui gagne et luit plus fort
tumultueux, dérangé, trop rapide,
un train d'obscurité sur l'aube morne
un fleuve d'ébène en crue sur des prairies d'hiver
le noir des insectes en nuée
qui envahit et célèbre la nuit, darde, suce et ponctue le sommeil
Je suis toute la nuit qui gobe le jour
du réel
La nuit de mon stylo
dévore la lumière du papier
en rafales forcenées
Le blanc je le froisse et le jette à la corbeille
je le pends à mes oreilles
ou en fais des voyages
Le blanc,
je le déchire quand je veux
quand je veux je te dis, regarde !
Je suis le charbon de l'éclair
dans la nuit blanche
la pluie d'ombres tombant des branches
sur l'été
Je suis le merle envolé
d'une épaule pâle
le chat ténébreux effleurant
l'ultime neige
Les mots
à la vitre salie
j'écris
Découvrez Various!
11 août 2008
[Parfois, ça me prend]..........
J'ai envie de crier très fort, à en faire tomber le ciel, de mordre des arbres, d'être FOLLE!, et puis aussi que la lune brûle, que rien ne soit comme ça, si tiédasse, si mou. J'ai envie de cheval à bouffer, de sang sur les babines, de mains dans la viande, j'ai envie de fer et de papier. D'arracher. De ramper, de rouler, de prendre, de tendre mon cou à la nuit et d'y hurler en rouge, les oreilles tirées en arrière par le vent animal, ANIMALE!, j'ai envie que le froid me ronge et la course. Griffer, me faire griffer. Avoir 1000 ans et avoir fait des enfants dans tous les fourrés, les entendre m'appeler et galoper, efflanquée, affamée, loin d'eux, en perdre encore, par le cul par terre le long du chemin. J'ai envie de sauter à la gorge des curés et des jeunes filles, de leur percer les yeux et de sucer leurs cervelles. Puis de les vomir et m'allonger, essouflée. Calmée. Juste née.
Crédit photo : Lars Raun
Découvrez Björk!
[it's not enough]..........
Les deux derniers albums de Daniel Darc sont
définitivement évidents pour moi, des merveilles. En voilà un addict de l'addiction : "je ne peux pas prendre un peu, je ne peux pas boire un seul verre, je n'en ai jamais assez"... "it's not enough" ; jamais assez jamais assez jamais assez jamais assez jamais assez......
Jamais assez. Il est meurtri et cassé sous sa croix huguenotte en sautoir, mon frère. Il parle doucement, et toujours de sa voix de jeune homme, il vibre d'émotions. J'aime sa fragilité invincible et l'espoir qui ne le quitte jamais. Oui, surtout cet espoir qui le déborde. J'aime qu'il soit allé si loin au-delà des limites fixées. J'aime qu'il murmure ses cris. Extrait :
Pascale Clark : Vous vous êtes senti très tôt différent des autres ?
Daniel Darc : Oui, oui... je crois
PC : On sait ça comment ?
DD : Je sais pas... Je me suis rendu compte que ce je ne comprenais pas ce qui les faisait rire et qu'ils ne comprenaient pas ce qui me faisait pleurer.
Crédit photo : Xavier Popy
Découvrez Daniel Darc!




