samedi 15 août

[Pourquoi je mange les roses]..........

      Parfois, en voyant des dames en imperméable gris aux arrêts de bus, par exemple, ou qui passent dans la rue plus ou moins près de moi, qui vaguement, toujours vaguement forcément lui ressemblent, j’ai une envie assourdissante de la chair de ma mère. Oui sa chair qui sentait l’eau de Cologne, le savon, le pain, le chaton, la fleur et le fruit, la poudre aussi, le mystère des femmes. Quand j’étais petite, j’avais déjà de ces fulgurances cannibales, j’imagine que c’est le désir ou le besoin commun de tous les... [Lire la suite]
Posté par A_Lenverre à 09:42 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

vendredi 10 juillet

[Il y a des bus]..........

Il y a dans nos villes, juste à côté de nous, ici, des bus qui passent, beaucoup. Les bus orange d'abord, pour les voyageurs de tous les jours, de ces bus que je prenais pour aller chez mes premiers patrons quand j'étais employée de maison, après ne plus les avoir pris pour aller au lycée ; ce sont les bus de la Compagnie des transports urbains du Pays de Montbéliard. Ils sont arrivés en même temps que la première crise du frère, le déménagement, la rupture, la sortie d'enfance. On y poinçonne un ticket ou on y montre sa carte... [Lire la suite]
Posté par A_Lenverre à 19:03 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,
lundi 30 mars

[On va où ?]..........

Dans la petite ville, il y a une rue piétonne longue de 230 mètres. En largeur, elle ne dépasse à aucun endroit les 12 mètres. Elle porte deux noms, successivement. Jusqu'à son milieu, elle s'appelle "rue des Fèbvres". Il paraît que les fèbvres étaient les ouvriers qui travaillaient le métal, comme mon père le fit pendant plus de 20 ans, aux Forges, avant d'entrer dans la grande usine. Mais il disait qu'il était forgeron, pas fèbvre, allez comprendre. Sur sa deuxième partie, la plus rectiligne, elle affiche le nom d'un paléontologue,... [Lire la suite]
Posté par A_Lenverre à 21:14 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
vendredi 03 avril

[Notamment]..........

clic sur l'image pour la voir en taille réelle Tandis que je vous écris, des feuilles mortes à l'automne dernier viennent encore danser sur la terrasse et les deux jeunes chattes aux mêmes teintes qu'elles, du côté chaud et silencieux de la vitre où elles se cognent, rêvent avec fièvre de les attraper afin de savoir enfin le bruit qu'elles font sous la griffe. Le lierre frémit au nord d'un arbre dont j'ai oublié le nom, penché sur la tombe du chat noir que j'aimais, effleuré sur sa droite par les derniers rayons du soleil qui va... [Lire la suite]
Posté par A_Lenverre à 00:27 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
jeudi 29 janvier

[Derrière le bruit]..........

      Bien sûr il y a tout ce bruit. Celui que font les voitures dehors, les cris des enfants dans les cours d'école vers quatre heures, il y a les trains et les avions qui déchirent les paysages, les chats qui se battent, les dents qui grincent, bien sûr, il y a la machine à laver et la télévision, bien sûr. Il y a la musique des hommes, leurs appels et leurs armes, les clefs dans les serrures, les poèmes, la grêle et les déclarations de guerre ou d'amour, les presses, les mouleuses, les informations, les jeux,... [Lire la suite]
Posté par A_Lenverre à 17:40 - - Commentaires [20] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
samedi 05 juillet

[Mer intérieure]..........

Il y a quelques mois, je suis allée à un spectacle intime dont j'ai envie de parler aujourd'hui, à cause et pour un ami qui a écrit un merveilleux article sur la mer, il y a peu sur son blog. C'est plus particulièrement cette phrase, dans son message, qui m'a bouleversée et ramenée à ce moment : "Je contemple souvent le sillage poursuivant la poupe, comme des fils entortillés me reliant à toutes les ancres de mon passé. C'est là je le sais, que se trouve mon âme, en ce louvoiement entre sillage et cap, mémoire et liberté, au... [Lire la suite]
Posté par A_Lenverre à 19:22 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , ,

mercredi 25 juin

[Sous mes paupières, yallah]..........

Ecrire tout de même un peu de Marrakech, essayer. Dans le désordre, par flashs, comme ça me revient, en vrac. Organique. Donc. Tout à la fois coeur, foie, poumons, reins, intestins, la ville se délite et se régénère, gagne sur les hommes. Elle sombre en terre, elle rejaillit au ciel, elle mange, bat, respire, chie et meurt, renaît. Elle ronfle, fourbue, elle murmure, hypnotique, elle hurle, hystérique, elle chante, vivante. Elle s'étouffe, elle rejette, rampe et aspire, planque des trésors en ses plis secrets où s'entête la... [Lire la suite]
Posté par A_Lenverre à 02:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
mercredi 25 juin

[Ricochets].......

C'était une image de livre pour enfants, une image toute verte. Un jeune garçon habillé d'herbe du jour figurait le printemps, avançant à grandes enjambées à travers la campagne, derrière lui poussaient les primevères, sur ses épaules des oiseaux ronds chantaient et je crois bien que j'en suis tombée immédiatement amoureuse. C'est si beau un jeune garçon, parfois, surtout s'il marche en souriant, c'est beau le printemps, tout le temps. Jaune, corolle, nids, foire, levant, acidulé, jupes, mai, pavés, poings serrés, nus,... [Lire la suite]
Posté par A_Lenverre à 00:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
mercredi 25 juin

[A un jeune mendiant]..........

Il y en aurait des choses à écrire sur la Bretagne. Un jour peut-être, je vous parlerai de ce coucher de soleil de fin du monde sur la mer qui n'attendait que la lune pour transmuer d'eau en argent, ou je vous dirai les gens serrés les uns aux autres dans des pulls, les enfants ensablés sous le ciel bleu meurtrier, le Muscadet, les moules marinière, les tramways de Nantes qui roulent sur des pâquerettes devant des maisons penchées, les bribes de conversations saisies dans les ruelles, les cours intérieures volées, aperçues... [Lire la suite]
Posté par A_Lenverre à 00:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
mercredi 25 juin

[Entrelacs]..........

On aperçoit des violoncellistes, on s'emballe pour des vieillards en verre, on frôle des inconnus, on s'arrête quelques secondes à un visage, on a le cœur qui bat plus fort pour un geste esquissé à côté de soi. J'aime la fugacité de ces croisements, la sensation indicible qui en découle parfois, Saudade, la nostalgie à peine ébauchée de ce qui ne sera pas. On n'en souffre pas vraiment mais le cœur soupire brièvement, on n'y prend pas garde. Il reconnaît les siens, les élit, y renonce, le temps d'un battement de cils. On passe... [Lire la suite]
Posté par A_Lenverre à 00:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,