Lenverre

Histoires de causer, histoires d'en faire, de petites histoires de rien du tout presque vraies, ressemblant à des personnages existant ou ayant existé.

04 septembre 2008

[Dérisoire]..........

jecris2

Le blanc,
je le déchire quand je veux
quand je veux je te dis, regarde !
Je le découpe, je le couvre, je le balafre
le blanc ne me fait pas peur
Ecoute
les mouches d'encre se posent sur la glace de papier et y patinent
arabesques,
envahissent, glissent
le murmure des lames, entends !
et leur stridence quand elles crissent pour m'arrêter
Mais rien n'y fera
Le blanc je le mords et l'avale, je suis le noir qui gagne et luit plus fort
tumultueux, dérangé, trop rapide,
un train d'obscurité sur l'aube morne
un fleuve d'ébène en crue sur des prairies d'hiver
le noir des insectes en nuée
qui envahit et célèbre la nuit, darde, suce et ponctue le sommeil
Je suis toute la nuit qui gobe le jour
du réel
La nuit de mon stylo
dévore la lumière du papier
en rafales forcenées
Le blanc je le froisse et le jette à la corbeille
je le pends à mes oreilles
ou en fais des voyages

Le blanc,
je le déchire quand je veux
quand je veux je te dis, regarde !
Je suis le charbon de l'éclair
dans la nuit blanche
la pluie d'ombres tombant des branches
sur l'été
Je suis le merle envolé
d'une épaule pâle
le chat ténébreux effleurant
l'ultime neige

Les mots
à la vitre salie

j'écris


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07 juillet 2008

[Lueurs]..........

colline

Un oiseau sur la branche mot sur la page
noir
apaise la lumière

et dehors sur la colline
cent mille réverbères battent jaune pleureur
et dedans en ma poitrine
un seul phare baratte l’épaisse noirceur

ta peau sur la terre promenade au départ
bleue
enflamme les ombres

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25 juin 2008

[Notre amour artichaut]..........

breton

Thalassothérapie

Les crevettes à rhumatismes partiront pour le bain
Portant dans leurs sacs en paille
Le cri d'un éléphant amoureux d'une chimère de pierre
Nous les suivrons lançant aux vagues ces poussières assassines
Qui exaltent leur chant
Tu cueilleras les fleurs pourpres et ton cœur et ton cœur
Et ton cœur encore pendra contre la falaise
Accroché à d'incandescents filaments
Comme une fillette dans une cour danse à la balançoire
Au-dessous de la mer le soleil
Demain se noiera dans tes larmes citronnées de frais
Sous ta peau Rhodoïd ta carcasse broyée marchera sur le feu
qui fera son dos rond de poule
puis s'endormira sans rêver entre les six pattes du chat du Chouannesé
Des parfums s'envoleront en fusées de cristal
Et ton cœur et ton cœur en corolle tombera ses habits
Une feuille et ma mort
Une feuille et la tienne
Une feuille et puis rien
Mon coco mon chéri de brique
Je te presserai dans mes bras en fer et les lacs jailliront
Tu ne seras jamais né j'aurai rêvé
Sur ma tête un oiseau à ressort posera un bout du ciel découpé
Avec un ange dedans tout abîmé
Je lui mentirai d'autres fracas et son cœur et son cœur à la menthe
Jusque dans ma voix trouvera son trépas
Sur la plage des marins déjà morts ligoteront le réveil-matin de notre amour
Dans une nappe à carreaux essorée
Du naufrage de notre île

Proposème écrit et illustré le 19/3/7 pour dedicacessen

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