Lenverre

dimanche 20 septembre

[Je préfère ce rêve-là]..........

 

boutonor

D'argent les ombres des branches sur ma peau un dimanche et d'argent le ventre de l'épervier derrière la fenêtre du salon. D'or les éclats de soleil qui font de l'eau au sol, avec des truites dedans. D'or la lune qui viendra à son tour. Mes yeux sont des oiseaux aux cous hérissés de plumes obscures et sous mes paupières des mondes parfaitement ronds roulent lentement dans l'azur. Je dors, ne me réveille pas, ici personne ne m'atteint. Je préfère mes orages aux cris des chiens, je préfère mes cauchemars aux courses mécaniques des poulets étêtés, je préfère la nuit immense percée du chant d'étoiles déjà mortes, je préfère mon rêve à ce songe-là. Faire se lever une tempête qui laisserait la réalité blême et sèche comme un os, demander au chat de me prêter son œil mobile et inquiet, grâce à lui pêcher quelques gouttes de violoncelle en suspension dans l'air saturé, les poser en collier lourd sur mon cou abandonné, m'étirer jusqu'aux confins des échos des mondes, sourire à la fin. En moi la rivière continuera à couler le long des boutons d'or, sous les saules et les corps allongés au pique-nique, je dors ne me réveille pas.

Montage photoshop réalisé à partir d'une peinture de Tamara de Lempicka : La Bella Rafaela


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samedi 15 août

[Pourquoi je mange les roses]..........

 

 

 

rosesParfois, en voyant des dames en imperméable gris aux arrêts de bus, par exemple, ou qui passent dans la rue plus ou moins près de moi, qui vaguement, toujours vaguement forcément lui ressemblent, j’ai une envie assourdissante de la chair de ma mère. Oui sa chair qui sentait l’eau de Cologne, le savon, le pain, le chaton, la fleur et le fruit, la poudre aussi, le mystère des femmes. Quand j’étais petite, j’avais déjà de ces fulgurances cannibales, j’imagine que c’est le désir ou le besoin commun de tous les enfants : manger leur mère. La mienne était particulièrement appétissante. Je n’ai jamais retrouvé cette luminosité qu’elle propageait doucement, tout doucement. Sous la peau, la chair était blonde et pleine, elle faisait penser à du pain ma maman, du pain juste cuit et posé dans la chaleur du fournil, on avait envie de croquer ses bras, parfois je le faisais, je l’embrassais et le baiser se terminait en mordillement. J’avais envie d’un festin de vampire, que mes dents se rejoignent, de lui arracher ce secret radieux qu’elle promenait, le faire mien, le garder à mon tour dans mon ventre, luciole en héritage. Sa peau, comme ses cheveux, était toute fine et il en irradiait, en transparence, une lueur ténue mais vivace, l’éclat d’une seule rose restée au rosier, parfaitement belle et fragile au petit matin de novembre dans le brouillard.


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vendredi 10 juillet

[Il y a des bus]..........

bus

Il y a dans nos villes, juste à côté de nous, ici, des bus qui passent, beaucoup.

Les bus orange d'abord, pour les voyageurs de tous les jours, de ces bus que je prenais pour aller chez mes premiers patrons quand j'étais employée de maison, après ne plus les avoir pris pour aller au lycée ; ce sont les bus de la Compagnie des transports urbains du Pays de Montbéliard. Ils sont arrivés en même temps que la première crise du frère, le déménagement, la rupture, la sortie d'enfance. On y poinçonne un ticket ou on y montre sa carte d'abonnement ou y prend des amendes parce qu'on n'a ni les uns ni l'autre, on s'y fêle les os quand ils pilent et qu'on était debout, mal arrimé. Parfois, sur la ligne 2, on a peur parce que c'est la ligne qui craint, celle qui relie deux des quartiers les plus difficiles de l'agglomération, en passant par la ZUP. Bref, il y a même un bus orange qui va jusqu'à Belfort, et un spécial, en été, pour aller sur la plage de Brognard au bord des étangs et de l'autoroute.

Mais ce n'est pas tout. Il y en a d'autres encore, la route en est pleine, comme la mer est remplie de poissons.

Il y a ceux que je prenais quand j'étais petite, pour aller chez ma grand-mère, tous les mercredis, ou les jeudis, je ne sais plus, les bus des Monts Jura. Bleus, avec un chauffeur qu'on appelait Landru parce qu'il était petit et barbu, aimable avec les dames. Il s'arrêtait boire des coups au bar à Beaulieu, on attendait dans le monstre tout puant, qui se reposait au bord de la route. Je me souviens que dans ce bus, je regardais ma mère de tout près, son sourire ineffable, ténu comme un coquelicot pâle, sa douceur dessus, parce que c'était plus beau et plus changeant que le paysage. "Arrête de me regarder sous le nez, je sais que j'ai l'air bête". Je tenais sur mes genoux les gâteaux à la crème pour la Gabi, si gourmande. Si cet après-midi-là quelqu'un d'autre que nous frappait à sa porte, avant de crier "entrez", elle rangerait le carton avec les gâteaux dedans. Vite, pour ne pas partager. Le Paul, lui, me ferait des tartines de cancoillotte avec son canif, entre deux clopes roulées dans la boîte en alu... je revois parfaitement ses mains aux ongles toujours un peu longs, avec des traces de terre, dessous... des doigts de cuir tanné, comme ceux d'un singe, lisses de fatigue. j'irais donner à manger aux lapins et aux poules. On tirerait quelques raves, j'en tomberais le cul par terre et après, en attendant que maman m'appelle, je chasserais les escargots pour leur course du fond du jardin. Dans ce bus, en hiver, le soir, il y avait des lumières blanches qui me donnaient toujours envie de vomir, et parfois, il y avait la fille de Landru, qui s'assoupissait sur deux fauteuils, sous ses cheveux courts, on aurait dit un garçon, un joli garçon, j'essayais de savoir son odeur, de loin. Les bus des Monts Jura, on me dit qu'ils n'existent plus. Il y a leurs descendants. ce sont les autocars Maron, qui sont... marrons. Ma fille est partie jusque dans le Nord pour chanter, dans un vieil autocar Maron marron ou marron Maron.

Il paraît qu'il y a aussi des bus de grandes lignes... On monte dedans, et on se retrouve en Puglia, dans le talon de la botte. La tante ialienne de Sochaux en a pris un comme ça, un jour, un bus qui allait très loin, de l'autre côté du monde. Moi je n'en ai jamais vu, mais j'aimerais bien trouver l'arrêt de bus pour le bout du monde. Je guette sur le bord des routes, rien. La tata ne sait plus bien et de toutes façons personne ne la comprend, elle parle très vite une langue qu'elle s'est inventée et que personne, en tout cas ni ses enfants ni son mari, n'a pensé à rectifier... pour ce qu'ils en faisaient de sa langue ! Ils l'ont laissée causer. Elle parle entre patois des pouilles, Italien de l'école, Français des voisins, elle parle comme d'autres tricotent sans regarder leurs mains. Pour se passer le temps, sans même s'en rendre compte, par habitude, pour se tenir chaud, elle non plus n'y comprend rien, c'est sans doute pour ça qu'elle sourit au lieu de ponctuer, des sourires-virgules, rapides, suspendus, effacés. Il semble que je la comprenne, moi. Je ne sais pas d'où me vient ce don pour les langues étrangères, mais je l'ai. Elle m'aime bien, me serre fort sous ses mots comme pour une accolade sous des confetti de nouvel an. Pourtant, elle ne m'a jamais dit où se trouvait l'arrêt de bus pour le bout du monde. Elle a bien le droit d'avoir ses secrets.

Il y a des bus pour handicapés, tout petits, aménagés, il y a des bus pour écoliers, avec une pancarte derrière qui dit qu'il y a des enfants à bord, des fois qu'on n'en aurait pas chez soi et qu'on voudrait en acheter un, peut-être.

Et puis il y a les bus avec des ouvriers. Parfois, le soir, on en suit, ils s'arrêtent et on voit une silhouette lente en sortir, noire sur le noir. Pas un signe, rien, la silhouette marche pour rentrer chez elle, dormir enfin. On en voit aussi, de ces autocars, sur le rond-point de Ludwisburg, vides, ils viennent de se décharger aux portières de Peugeot. Ils vont passer la journée dehors sous le soleil ou sous la pluie, comme des animaux plus libres que les hommes qu'ils ont avalés puis vomis, et qui ne sauront pas le temps qu'il fait dehors, sauf s'il pleut très fort sur les toits, peut-être. Même pas, s'ils sont à la presse, on n'entend pas la grêle, à la presse. On sait juste s'il fait trop chaud dehors parce qu'on cuit.

Hier, il faisait très beau. J'étais dans une queue de voitures à la hauteur d'un de ces bus, arrêté lui aussi, de l'autre côté. Quand j'ai levé la tête, j'ai vu une rangée d'hommes. Je ne sais pas depuis combien de temps ils étaient dans ce bus. Leurs visages n'avaient pas d'âges, pas de date. Ces hommes étaient peut-être en route pour le travail dans ce bus-fantôme depuis des dizaines d'années, ils y étaient morts et ne le savaient pas, ou s'ils le savaient, ils s'en moquaient. Le bus ne s'était peut-être jamais arrêté, il tournait sur le même trajet depuis des lustres. Tous les visages aux fenêtres comme un seul, 8 ou 10 paires d'oeils pour un seul regard, dans le vide, en deçà de l'horizon, un regard en dedans, un regard de type qui s'est réveillé une heure avant, qui a mangé vite fait, aperçu sa femme peut-être, un peu les enfants ou leurs souvenirs assis en rond à la table de la cuisine, qui est monté dans le bus, qui a dit "moumf salut" et n'a pas attendu les réponses. Collé à la vitre, hypnotisé par le roulis du car, par la routine, résigné, son "bleu" dans un sac, le sac sur ses genoux, il ne sait pas depuis combien de temps il est dans ce car, ce vaisseau de malheur. Il faudrait que quelque chose explose dehors pour le sortir de sa torpeur.

Il y a des ces bus-fantômes plein de silence, et du silence plein les hommes, le long des routes ; la poussière les couvre et le temps, pendant qu'il fait soleil et que l'on rentre chez soi. Des boîtes qui roulent, sans fleurs ni couronnes.

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jeudi 11 juin

[Parfois, ça me prend]..........

 

 

 

louveJ'ai envie de crier très fort, à en faire tomber le ciel, de mordre des arbres, d'être FOLLE!, et puis aussi que la lune brûle, que rien ne soit comme ça, si tiédasse, si mou. J'ai envie de cheval à bouffer, de sang sur les babines, de mains dans la viande, j'ai envie de fer et de papier. D'arracher. De ramper, de rouler, de prendre, de tendre mon cou à la nuit et d'y hurler en rouge, les oreilles tirées en arrière par le vent animal, ANIMALE!, j'ai envie que le froid me ronge et la course. Griffer, me faire griffer. Avoir 1000 ans et avoir fait des enfants dans tous les fourrés, les entendre m'appeler et galoper, efflanquée, affamée, loin d'eux, en perdre encore, par le cul par terre le long du chemin. J'ai envie de sauter à la gorge des curés et des jeunes filles, de leur percer les yeux et de sucer leurs cervelles. Puis de les vomir et m'allonger, essouflée. Calmée. Juste née.

Crédit photo : Lars Raun


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dimanche 10 mai

[Puisqu'il n'aime pas les balades]..........

lenverre ecrivain maudit

Voir des femmes qui parlent sur les écrans, les trouver belles, jeunes, intelligentes, brillantes. Ne pas en revenir de tout ce qu'elles savent, de leurs regards profonds. Lire des blogs inventifs, en mouvement, des textes de talent. Me sentir dépassée, lourde, immobile. Le temps file  aux fenêtres, le paysage bouge et moi non. J'aimerais être un homme  de trente ans et écrire durement, simplement, écrire. Ou qu'au moins mes mots retournent au ruisseau sous un printemps vif. Que je me remette à pêcher dans l'air, les mains creusant l'onde insaisissable pour y attraper des poissons invisibles. Je dansais pour écrire. Désormais je sculpte laborieusement, grossièrement, le texte est  en pierre dure à tailler, mes bras et tout mon être deviennent comme elle quand je me mets au clavier, je ne connais plus la légèreté, le soulagement, mais l'envahissement au contraire. Y revenir tout de même. Pourquoi ?

La sensation que la vie est parfois comme un corridor sombre  plein de portes, certaines fermées à double tour, d'autres à peine poussées. Même si quelqu'un m'a dit : "de toute façon tu ne pouvais pas t'en sortir", j'ai eu de la chance : dans le mien, quelques-unes étaient entrouvertes sur des rais de lumière. Je n'ai rien voulu voir, il m'aurait fallu du courage pour les pousser plus, rencontrer, convaincre. Combien de rendez-vous ai-je annulés de peur qu'on me voie si miteuse ? Je préfère renoncer, je crois que c'est presque fini. Il m'était pourtant si cher le rêve d'écriture. Je n'avais pas la carrure. Il aurait fallu accepter de décevoir plutôt que fuir, savoir quoi faire de mes paperolles, chercher des adresses, donner des coups de fils, sortir de la torpeur, entreprendre, connaître des maisons d'édition, des gens dedans, aller manger avec eux, leur révéler l'imposture.

J'ai lu récemment un article dans Marianne. Que font les écrivains en vacances ? Je ne me souviens pas de toutes les réponses, je sais qu'elles m'ont toutes agacée. J'ai encore en mémoire celle de Martin Page. Magnanime, il allait accorder une semaine à la femme qu'il aime et à ses amis. Non, il ne se baladerait pas, il n'aime pas ça. Non, il n'arrêterait pas d'écrire mais il serait là pour les repas communs. Je crois que ça se terminait sur cette belle promesse, en forme de prise de conscience : il n'y a pas que l'écriture dans la vie, l'amour et l'amitié c'est important. J'ai eu envie de hurler, de le secouer durement, comme la vie le fait parfois, de l'obliger à : marcher avec les autres, faire les courses, le plein, la vaisselle, manger, répondre au téléphone, écouter, conseiller, perdre son temps, se disperser en mille miettes que chacun dévore.

Il y a déjà longtemps, deux ans, un soir au hasard durant les deux mois qu'a duré le chantier du déménagement de mon frère psychotique, en rentrant dans ma petite voiture, je chialais. Le dégoût, la fatigue. Comment accepter de devoir prendre une pioche pour déterrer les restes d'un lit collé au sol par 1,50 mètre de détritus, enfoui sous 200 bouteilles de pisse millésimée ? Le problème avec la pioche, c'est que ça perce le plastique. Les bonds qu'il fallait faire alors pour ne pas se retrouver aspergée. L'impression de ne pas en voir la fin (elle est pourtant arrivée, merci). Il était déjà tard, sur Inter c'était l'heure de recevoir un écrivain. Là, c'était une femme. Elle parlait, d'une voix forcément intelligente, limpide, lente et grave avec un sourire en périphérie, de la nécessité absolue d'écrire qui enfouissait tout le reste, la vie quotidienne. Elle aussi disait  tout de même les impensables  concessions faites à la famille, à l'amour. Pensez : quoi qu'il arrive, elle réservait une heure de son précieux temps quotidien à ses enfants.  Et je n'ai pas seulement eu envie de hurler, je l'ai fait jusqu'à être obligée d'arrêter ma voiture sur le bord de la route, aveuglée par les larmes, la gorge en feu, essoufflée. Envahie de colère, d'un sentiment d'injustice énorme et de panique : je n'aurais plus jamais le temps. L'envie de lui arracher les yeux. De lui coller ma pioche... dans les mains et de lui ordonner d'être solidaire des vivants et d'arrêter ses poses, de l'obliger aux ampoules, aux plaies et aux bosses pour lesquelles je n'étais pas plus faite qu'elle.

Je me suis dit (ou me l'a-t-on soufflé?) très tôt, au début de l'adolescence, que mon désir d'écrire, que je trimballais pourtant depuis mes huit ans invincibles, était vaniteux, un refuge voire une lâcheté, de toute façon un luxe. Mais jusqu'ici, j'ai toujours cru que je me l'offrirais, ce superflu. Plus tard. Un jour.  Quand tout serait fait. Tout propre autour. Quand il ne resterait que ça. Que personne n'aurait plus besoin de moi. J'ai mis tant de barrières, je me suis tricoté tant d'alibis que je m'y suis emmêlée les pattes. Je ne cours plus. Me poussera-t-il des ailes un jour ?

 


Illustration : parce qu'il faut bien finir par en rire. Non ?... et parce que c'est un moyen de faire découvrir le meilleur de l'humour suisse à travers le site de Plonk et Replonk

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jeudi 16 avril

[Scintillement]..........

 

songe2

Il y a des soirs à l'écran qui s'amollissent, des images rouges sur la rétine collées, entre fatigue et ennui, l'oeil est occupé dans l'escalier. Bip bip bip... quand la ligne sera plate mon coeur se sera arrêté de battre, m'en rendrai-je compte ? à rebours, dans le froid du caveau, parlerai-je aux autres esprits endormis sous la terre, entendrai-je ce que fut leur vie ? Vilaine manie, mes doigts courent au clavier, appellent d'autres peaux, manque de... Vous auriez frappé ce soir, à ma porte de bois épais, j'aurais entendu je crois, et ouvert sans doute. Ce n'est pas permis d'être aussi crédule, crépuscule, clavicule et campanule ce n'est pas permis. De chasses gardées en pêche à la ligne idéale, j'ai perdu beaucoup de temps aux ornières du chemin désormais enterré. Dans la boue, mon temps enfui, écrasé piétiné, en morceaux à carreaux, tel un mouchoir tombé de ma poche avec toutes ces choses qu'il ne fallait pourtant pas oublier. A quoi sert de pleurer, dans les larmes irisées les visages qu'il aurait fallu user à les embrasser, lécher, peindre, dans les larmes écrasées en flaques, des soleils retournés, des envers de regrets, toi mon amour... mon amour mon amour mon amour... ta tête lourde sous mon sein rêvée, mon amour mon amour mon amour... deux mots en deux voix qui ne s'entendent pas, quelle importance, tout est pour le velours... mon... tendre les lèvres... A... les ouvrir à ta langue... mour... l'embrasement commence et finit et recommence et jamais ne s'achève, en rond d'alliance notre baiser que nul ne donne ni ne reprend... mon amour mon amour mon amour... je me réveille, accroche à mes cils le songe qui porte ton nom. Encore un instant.

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